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Pathologie musculaire

12 sep 2011

Perfusion de fer dans le syndrome des jambes sans repos

Dr Charles Gouraud
Le syndrome des jambes sans repos est une pathologie fréquente. La physiopathologie de ce trouble sensorimoteur est complexe. Plusieurs travaux ont mis en évidence une relation avec le métabolisme du fer. En effet, le contenu cérébral en fer est plus faible chez les patients atteints d’un syndrome des jambes sans repos. Dernièrement d’autres travaux ont suggéré une perturbation du système de transport du fer au niveau des vaisseaux cérébraux. Il est établi depuis longtemps qu'une carence en fer peut favoriser l'apparition de ce syndrome. En pratique clinique, il est habituel de doser la ferritine et de supplémenter le patient en fer. Celui-ci est généralement administré par voie orale mais certains auteurs ont proposé d'utiliser la voie parentérale. Les essais contrôlés ont montré une hétérogénéité de réponse à ce type d'administration. Une équipe Suisse a présenté les résultats obtenus avec des perfusions de fer administrées à des femmes enceintes dans une étude non contrôlée.
Les études épidémiologiques ont montré que 10 à 25 % des femmes présentaient un syndrome des jambes sans repos pendant leur grossesse. Les patientes avec un syndrome des jambes sans repos modéré à sévère (score IRLS supérieur à 20) et une carence en fer (ferritine<35µg/mL) ou une anémie (Hb<11 g/dL) ont été incluses dans cette étude. La dose prescrite de carboxymaltose ferrique variait de 500 à 900 mg selon le dosage de l’hémoglobine. L'efficacité du traitement a été mesurée à l’aide de plusieurs questionnaires : IRLS (international RLS Study Group questionnaire), la fatigue severity scale, le score d’Epworth, la Pittsburgh sleep scale. Les dosages de fer, CRP et ferritine ont été réalisés 28 jours après la perfusion. Quatre semaines après traitement, il était noté une diminution importante du score IRLS de 25±7 à 8±5 (p>0,01). Il a été noté également une réduction des mouvements périodiques des jambes et une augmentation de la ferritine. Il n’a pas été observé d’effets indésirables. Ces résultats préliminaires sont en faveur de l'utilisation de cette voie parentérale dans cette population mais ceci doit être confirmé par une étude comparative avec l’administration orale de fer.

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