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Pathologie musculaire

Publié le 21 déc 2010Lecture 3 min

Fibromyalgie : d’où viennent les douleurs ?

Dr Odile Biechler
La fibromyalgie est une affection caractérisée par des douleurs diffuses chroniques associées à des troubles du sommeil, une fatigue intense et des troubles thymiques et anxieux.  Son étiologie demeure inconnue mais le rôle joué par de nombreux facteurs neurobiologiques, psychologiques et comportementaux apparaît de plus en plus clairement.
L’examen clinique des fibromyalgiques met en évidence à la fois une hyperalgésie et une allodynie généralisées. Les techniques de neuro-imagerie fonctionnelle et les potentiels évoqués permettent d’objectiver des anomalies du traitement central de la douleur, qui sont également présentes dans différents syndromes douloureux régionaux (syndrome du côlon irritable, troubles temporo-mandibulaires, céphalées de tension, lombalgies idiopathiques).
Des particularités de fonctionnement du système nerveux autonome, de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et des systèmes de traitement de la douleur prédisposent certains individus à développer des douleurs chroniques. La fibromyalgie est une affection dont la prédisposition familiale est élevée avec des odds ratios supérieurs à 8 chez les parents au premier degré. Certains polymorphismes génétiques sont plus fréquents dans la fibromyalgie et les syndromes apparentés, particulièrement ceux qui mettent en jeu la synthèse ou le transport des mono-amines. D’autres facteurs physiologiques génétiquement déterminés, qui entraînent un hypofonctionnement initial des axes autonome et hypothalamo-hypophysaire et un abaissement du seuil de la douleur, sont également des éléments prédisposants. Cependant, le développement d’une douleur aiguë et sa chronicisation dépendent aussi de facteurs psychologiques et cognitifs. De nombreux événements peuvent déclencher un syndrome douloureux diffus ou régional : une douleur périphérique aiguë ou chronique (lésion ou inflammation tissulaire), certaines infections (maladie de Lyme ou infection par le virus d’Epstein-Barr), un traumatisme physique, et même la participation à une guerre. Ces événements jouent un rôle déclenchant par le biais de modifications neurobiologiques (neuroplasticité résultant d’une hypersensibilisation centrale) et du fait de réponses cognitives et comportementales aux symptômes aigus : arrêt d’activité, troubles du sommeil, augmentation de la détresse et distorsions cognitives. Plus de 90 % des patients fibromyalgiques se plaignent d’un sommeil de mauvaise qualité, ce que confirment les examens de laboratoire en montrant une intrusion inappropriée d’ondes alpha (normalement présentes pendant l’éveil et le sommeil paradoxal) au cours du sommeil profond. Ces anomalies pourraient être médiées par la sérotonine et la substance P et contribuer aux douleurs musculo-squelettiques et à la fatigue. Une meilleure compréhension des différents facteurs à l’origine de la symptomatologie fibromyalgique devrait permettre d’améliorer la stratégie thérapeutique. Antidépresseurs, anticonvulsivants, thérapie cognitivo-comportementale, exercices aérobiques sont autant de possibilités dont les modalités restent à affiner. Les psychiatres sont de plus en plus associés à la prise en charge de ce type de patients.

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