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Dépression

20 déc 2010

Dépression : le potentiel clinique des données neurobiologiques

Dr Gabriel Soyeux
La physiopathologie de la schizophrénie et des troubles de l'humeur génère une abondante littérature mais toutes ces nouvelles données ne présentent pas forcément un intérêt clinique immédiat. Celles qui ont le plus fort potentiel d'utilisation dans le domaine thérapeutique ou pronostique chez les sujets dépressifs sont ici détaillées par un auteur zurichois.
Il est de plus en plus certain que les dépressions surviennent sous l'influence d'une accumulation de facteurs : présence de gènes de susceptibilité, antécédents d'évènements néfastes dans l'enfance, stress. La plupart des études neurobiologiques se sont focalisées jusqu'ici sur les systèmes de neurotransmissions monoaminergiques. La déplétion expérimentale en mono-amines entraîne l'apparition de symptômes dépressifs chez des sujets à risque de troubles de l'humeur et l'imagerie  par PET-scan montre que les récepteurs mono-aminergiques (principalement sérotoninergiques et dopaminergiques) sont hypofonctionnels dans la dépression. Enfin, la plupart des molécules qui inhibent la recapture de la sérotonine sont des antidépresseurs efficaces en clinique. Chez les patients dépressifs qui présentent un antécédent de maltraitance physique ou d'abus sexuels, les examens paracliniques mettent en évidence des taux élevés de cortisol plasmatique et de CRH dans le liquide céphalorachidien. Mais en dépit des nombreuses preuves du rôle de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien dans la dépression, les médicaments modulateurs de cet axe ne sont pas tous efficaces dans le traitement de la dépression. L'imagerie a permis d'établir un lien entre la dépression et des anomalies du fonctionnement cérébral ainsi qu'une diminution de volume du cortex préfrontal, des structures mésio-temporales et des autres zones limbiques. Ces modifications structurelles peuvent être associées a des taux bas de facteurs neurotrophiques, a une toxicité liée au glutamate et a une libération excessive de cortico-stéroides. Les études histopathologiques pour leur part ont montré que les diminutions de volume cérébral constatées dans la dépression sont associées à une réduction du nombre et de la taille des cellules gliales, puis plus tardivement des neurones. Cette réduction est susceptible de contribuer aux récidives dépressives et à la chronicisation de la maladie. Enfin, imagerie et tests pharmacologiques ont prouvé qu'il existe une altération de la neurotransmission  glutamatergique et une diminution de la neurotransmission gabaergique dans la dépression. Les nombreuses théories physiopathologiques de la dépression et le taux relativement faible de réponse aux traitements antidépresseurs évoquent un trouble cliniquement et étiologiquement hétérogène. La personnalisation de la prise en charge des patients dépressifs grâce a l'imagerie et au génotypage, permettant de prendre en compte la sensibilité au stress, le fonctionnement cérébral et le métabolisme médicamenteux de chaque individu, devrait améliorer l'action antidépressive des différentes approches psychothérapeutiques, pharmacologiques et autres.

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