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Alzheimer et Démences

06 oct 2011

Quel lien entre lésions traumatiques cérébrales et démence ?

Dr Julie Perrot
Les travaux ayant examiné le lien éventuel entre lésions traumatiques cérébrales et survenue d’une démence aboutissent à des résultats non homogènes. Un grand nombre de soldats, engagés actuellement dans des conflits armés étant soumis à de tels traumatismes, des auteurs de San Francisco et de Dallas ont cherché à en savoir plus sur le sujet, et évalué le risque de démence incidente après lésions traumatiques cérébrales.
Une vaste cohorte de vétérans Pour ce faire, D. Barnes et coll ont examiné rétrospectivement les données intéressant une cohorte de 281 540 vétérans américains, âgés de 55 ans ou plus, pour lesquels les données d’examen sur deux périodes, de 1997 à 2000 (examen d’entrée dans l’étude) et de 2001 à 2007 (examen de suivi) étaient disponibles ; tous ces soldats étant indemnes de diagnostic de démence à l’inclusion. Dans cette population d’étude, âgée de 67 ± 8 ans, comptant 4 % de femmes, près de 2 % des vétérans âgés avaient eu un diagnostic de lésions traumatiques cérébrales à l’entrée dans l’étude, par traumatisme intracrânien chez 40 % d’entre eux, par lésion non spécifiée chez 34 %, par commotion cérébrale chez 15 %, par syndrome post-commotionnel chez 12 %, par fracture du crâne chez 5 %, et pour 6 % des vétérans, plus d’un de ces diagnostics avait été posé. Une augmentation du risque de démence pour tous types de lésions traumatiques cérébrales La survenue d’une démence s’est avérée significativement plus fréquente chez les vétérans ayant eu une lésion cérébrale traumatique que chez ceux indemnes de telles lésions (15,3 % des cas versus 6,8 %), et ce quel que soit le type de lésion : lésions intracrâniennes (15,7 % des cas), lésions non spécifiées (16 %), commotions cérébrales (11,6 %), syndrome post-commotionnel (15,6 %), ou de fractures du crâne (14,9 %) (p < 0,001 pour toutes ces comparaisons). Après ajustements (notamment sur les variables démographiques, les comorbidités, les troubles psychiatriques), le ratio de risque de démence incidente, pour tous types de lésions traumatiques cérébrales, était de 2,6 (intervalle de confiance à 95 % de 2,4 à 2,8). Ces résultats, qui suggèrent, chez les soldats plus âgés, un risque de démence multiplié par plus de 2 fois et demie dans les 7 ans suivant une lésion traumatique cérébrale, suscitent interrogation et préoccupation quant aux conséquences à long terme des lésions traumatiques cérébrales chez les soldats plus jeunes.

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