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Génétique

20 déc 2010

Essai français de thérapie génique dans le Parkinson : des résultats «très encourageants» !

Dr Christian Geny
Depuis plus de 30 ans, la principale stratégie thérapeutique dans la maladie de Parkinson a consisté à compenser le déficit dopaminergique striatal : nouvelle galénique de la L-DOPA, développement d’agonistes dopaminergiques, potentialisation de la L-DOPA par inhibition de son catabolisme, etc….
Des approches plus originales ont été aussi développées avec pour objectif d’augmenter la production locale de dopamine. L’espoir suscité par  les greffes fœtales n’a pu se concrétiser notamment en raison des difficultés d’obtention du tissu à greffer. Les cellules souches sont pour le moment à un stade préclinique. En l’absence de thérapeutiques efficaces contre la neurodégénérescence et les problèmes rencontrés avec l’utilisation des facteurs neurotrophique, il est légitime de développer des nouveaux moyens d’optimiser le fonctionnement de la voie dopaminergique. La thérapie génique qui consiste à injecter par voie stéréotaxique un vecteur viral porteur d'un gène peut être appliquée dans les maladies neurodégénérative. Ce gène va être ensuite intégré dans le génome de cellules cibles et être transcrit en une protéine (enzymes, facteur neurotrophique,…). Cette approche a été développée avec succès par une équipe franco-britannique. Celle-ci a développé un vecteur lentiviral (ProSavin®) exprimant 3 enzymes clés de la synthèse de dopamine (tyrosine hydroxylase, aromatic L-amino acid decarboxylase and GTP cyclohydrolase-1). Ce vecteur a été testé avec succès dans un modèle primate de maladie de Parkinson (singe MPTP). Ont été présentés les premiers résultats de l’étude de faisabilité effectuée chez 3 patients âgés de 58-63 ans, évoluant depuis 8-16 ans (stade d’une de Hoehn et Yahr ≥3 ) avec des fluctuations  motrices et peu dyskinétiques. Le vecteur était injecté par voie stéréotaxique au niveau de la région sensori-motrice des 2 putamens. Le lentivirus n’a pas  été détecté dans le sang et les urines des patients et il n’a pas été observé d’effets indésirables (pas d’augmentation des dyskinésies).  Le score UPDRS moteur ON n’a pas été modifié mais le score UPDRS en OFF s’est amélioré (-28 %) et le traitement dopaminergique (équivalent L-DOPA) a diminué de 21 %. La qualité de vie s’est améliorée chez 2 des 3 patients. Ces premiers résultats sont considérés comme très encourageants par les auteurs de ce travail qui sont en train d’évaluer les effets d’une dose plus élevée.

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