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Pathologie vasculaire

20 déc 2010

Endartériectomie carotidienne : mieux vaut-il être blanc que noir ?

Dr Charles Gouraud
ISC – San Francisco. L’influence de l’ethnie sur le risque de développer une affection neurologique a été maintes fois précisée.
Par contre, peu de travaux ont suggéré que celle-ci puisse modifier les conséquences d’un geste thérapeutique. En effet, les facteurs confondants socio-économiques peuvent biaiser l’interprétation de certaines différences observées. Dans le cas de l’AVC, l’incidence est en effet plus forte chez les afro-américains, différence qui peut être expliquée par des différences de régime alimentaire et de prévalence des facteurs de risque (diabète, cholestérol, hypertension artérielle). Une équipe américaine a évalué au cours d’une étude rétrospective l’influence de l’ethnie sur le devenir des patients ayant bénéficié d’une chirurgie carotidienne.  La New York Carotid Artery Surgery (NYCAS) Study est une vaste étude basée sur le suivi d’une population de 9 308 patients ayant subi une endartériectomie carotidienne de janvier 1998 à Juin 1999 dans l’état de New York. Les patients avaient été opérés par 488 chirurgiens travaillant dans 166 hôpitaux différents. Les patients pour lesquels les informations sur l’état prémorbide et les caractéristiques de la sténose carotidienne étaient suffisantes ont été inclus dans cette étude. Les données ont été revues par deux cliniciens indépendants. Leurs conclusions concordaient dans 95 % des cas. En cas de désaccord, un troisième clinicien a revu les données pour statuer. L’âge moyen des patients était de 75 ans. 72 % d’entre eux avaient une sténose asymptomatique. 93 % des patients étaient blancs, 2,5 % noirs, 2,2 % d’origine hispanique, et 2 % d’autre origine. La fréquence des complications sévères (décès et AVC) était plus élevée chez les hispaniques (9,5 %) et les noirs (6,9 %) que chez les blancs (3,8 %) et les autres races (3,3 % ; p<0,0001). L’analyse multivariée après ajustement pour le sexe, l’âge, les comorbidités et le degré de sténose a abouti à des conclusions similaires. Cette étude ne permet pas d’expliquer la  différence observée d’autant qu’il est toujours délicat de comparer deux populations avec un effectif aussi différent. Mais les données déjà publiées incitent à préciser par d’autres travaux la part respective des éléments  socioéconomiques et des facteurs de risque afin d’optimiser la prise en charge des AVC selon l’ethnie.

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