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Accident vasculaire cérébral

Publié le 13 juil 2023Lecture 3 min

Le bénéfice des AR GLP-1 sur le risque de survenue d’un AVC se confirme en vie réelle

Patrice DARMON, CHU Conception, Marseille

Les essais de sécurité cardiovasculaire menés avec les agonistes des récepteurs du GLP-1 (AR GLP-1) ont montré un bénéfice tout particulier de ces molécules sur le risque de survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC) chez les patients diabétiques de type 2 à haut ou très haut risque cardiovasculaire. La métaanalyse de N. Sattar et al. (Lancet Diabetes Endocrinol 2021) retrouve une diminution globale de 17 % du risque d’AVC, avec une grande homogénéité entre les études, même si, stricto sensu, une réduction du risque d’AVC n’est retrouvée que dans des analyses exploratoires des études SUSTAIN 6 avec le sémaglutide et REWIND avec le dulaglutide. Le travail publié par Y.S. Yang et al. vise à évaluer le degré de reproductibilité des résultats de ces essais randomisés en « vie réelle » dans une population constituée de patients asiatiques (très minoritaires dans ces grandes études) avec un risque cardiovasculaire bien moins élevé que celui des individus inclus dans ces essais.

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective réalisée à Taïwan sur la période 1998-2018, à partir des données de l’Assurance maladie. Les auteurs ont pu identifier des patients vivant avec un diabète de type 2 traités ou non par AR GLP-1 (exénatide, liraglutide ou dulaglutide), indemnes de maladie cardiovasculaire avérée, mais présentant un ou plusieurs facteurs de risque (hypertension artérielle, dyslipidémie, tabac, obésité, insuffisance rénale chronique de stade 3 ou plus, antécédent familial de coronaropathie). Au total, après application d’un score de propension (incluant âge, sexe, année d’inclusion, comorbidités et traitements associés), l’analyse a porté sur 6 534 patients dans chacun des deux groupes, avec des caractéristiques tout à fait comparables à l’inclusion (âge moyen 49 ans, femmes 53 % ; hypertension artérielle 67 %, dyslipidémie 86 %, tabac 4 %, insuffisance rénale chronique 6 %, traitement par inhibiteur de SGLT2 39 % par exemple). Au terme d’un suivi médian de 3 ans, le risque d’hospitalisation pour AVC ischémique tendait à être moins élevé chez les utilisateurs d’AR GLP-1 (hazard ratio ajusté 0,69 [IC95% 0,47-1,00] ; p = 0,0506) mais cette baisse du risque devenait significative chez les patients ayant bénéficié d’une prescription d’AR GLP-1 pendant plus de 251 jours (hazard ratio ajusté 0,28 [IC95% 0,11-0,71]) ou correspondant à une dose cumulée d’AR GLP-1 élevée (> 1 784 mg) (hazard ratio ajusté 0,30 [IC95% 0,12-0,75]). Les résultats étaient similaires dans tous les sous-groupes considérés (c’est-à-dire quels que soient le sexe, l’âge, les facteurs de risque ou les traitements associés). En dépit des limites méthodologiques évidentes, cette étude suggère que le bénéfice des AR GLP-1 sur le risque d’AVC retrouvé dans les grands essais randomisés est transposable en « vie réelle » dans une population de patients diabétiques de type 2 asiatiques avec un niveau de risque cardiovasculaire bien moins élevé. À ce jour, les mécanismes pouvant expliquer cet effet protecteur des AR GLP-1 sur les AVC (qui n’est pas retrouvé avec les inhibiteurs de SGLT2) demeurent hypothétiques (bénéfices sur la pression artérielle ? Sur l’athérome carotidien ? Sur l’apoptose neuronale ?). Publié par Diabétologie Pratique

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